mercredi 2 mars 2016

EMULATOR à l'atelier.

Pour bien commencer le mois de mars, la réception d'un Emulator. Oui, celui d'origine, la première version :

http://www.matrixsynth.com
Cette machine possède le n° de série 151. Sur 500 machines construites, c'est plutôt un bon score ;-) Elle m'a été fournie (je ferai l'impasse sur les conditions) par Claude, ici en plein test de mise en fonction 'à la va vite' dans l'espace détente de l'atelier :

Vrai : cet emulator fonctionne!
Avant d'en arriver la, il a cependant été nécessaire d'ouvrir la 'bestiole' et de 'chatouiller' un certain nombre de connecteurs pour que la procédure de chargement de l'OS se déroule correctement :

La techno. numérique de l'époque!!!
L'Emulator est animé par un système à processeur Z80. Pour une machine développée fin des années 1970 puisqu'elle est sortie en 81, c'est carrément de la très haute technologie de l'époque. A titre d'information, le Z80 est sorti en 1976.

Cette version d'Emulator est donc une version 8 voies, équipée d'une interface MIDI, rajoutée bien évidemment plus tard, elle aussi basée sur un processeur Z80. Ce qui n'est pas étonnant parce que cette carte MIDI doit émuler un appui sur les touches du clavier, donc d'un point de vue électronique, générer le système de multiplexage de gestion des touches avec mise en contact de la bonne rangée avec la bonne colonne en fonction de la, ou des codes de touches reçus par la liaison MIDI. Cela demande des ressources matérielles et les microcontrôleurs n'existaient pas à l'époque. Cette carte est aussi de la belle ouvrage :

La carte d'interface MIDI.
Quel travail y a-t-il à effectuer sur cette machine. Pas grand chose de fondamental en fait puisqu'elle fonctionne. Il y à quand même un (très) gros nettoyage à effectuer!

Et puis quelques minutes après sa mise en fonction, un joli nuage de fumée blanche et âcre est apparu. J'ai de suite pensé à des condensateurs dans la difficulté. Après investigations, et n'ayant rien pu déterminer de particulier, j'ai pensé qu'il s'agissait en fait d'une des diodes de redressement qui avait eu un coup de chaud. En bien non, ma première impression était la bonne. En démontant le bloc d'alimentation, j'ai pu constater quelques traces noires derrière la face avant de la machine :

Hum, des condensateurs ont fumé en haut à gauche de l'image.
Il faudra de toute façon tout démonter car la carcasse à subit quelques chutes, ou chocs, qui ont plié la tôle par endroits. Sur le côté gauche, sans conséquence pour l'électronique, et au niveau du radiateur de la face arrière. Sans grande conséquence non plus. Mais il faudra détordre ces endroits.
 
Puis, changer les composants qui ont posé problème. Bref, un travail de restauration de longue halène, mais qui pourra se faire tranquillement, étape par étape. J'en profiterai aussi pour tenter la mise à niveau du lecteur de disquette par une version HxC puisque j'ai constaté sur le Web que l'opération a été réussie sur cette machine.

Parce qu'un tel instrument vaut absolument d'être conservé en état de marche, c'est du patrimoine!

Après tout, tout instrument de musique, quel qu'il soit, n'est pas à dédaigner :


Update 06 juillet 2016 : une autre 'machine' à musique originale...


A suivre....

08 mars 2016 :  Pour remettre cette machine en état, Il faut bien commencer par un bout! comme souvent dans ce cas, j'attaque le sujet par l'alimentation. Celle de cet Emulator semble totalement fonctionnelle. Cependant en considérant l'âge de la machine, j'ai décidé de vérifier la valeur résiduelle des capacités de filtrage, de changer les petits condensateurs qui semblent être des tantales du même type que ceux qui ont fumé dans la partie analogique de cet Emu, et de remplacer la graisse compound qui à tendance à sécher avec le temps.

En cours de démontage.

Une fois remontée.
Non sans avoir extrait auparavant le 'reste' de vis cassée du radiateur :


Puis je me suis attaqué aux cartes de conversion numérique vers analogique. Elles sont au nombre de deux, ce qui nous donne bien les 8 voies, étant donné que chaque carte est en mesure de traiter 4 voies de conversion. Pour l'instant, et après les tests audio, je ne pense pas qu'il faille y intervenir, si ce n'est les nettoyer car elles sont assez sales, nimbées par endroit de poussière jaunie, certainement par une 'proximité tabagique' assez soutenue.

L'époque glorieuse d'AMD!
Le principe de fonctionnement de cette carte est assez simple. Une batterie de circuits logiques (les trois rangées de composant du bas), gèrent la présentation des 8 bits de données en provenance de la carte CPU à destination des 4 gros composants du haut de la carte. Ces quatre gros circuits sont des mémoires statiques de type FIFO qui servent à enregistrer temporairement quelques octets de donnée qui seront présentés de façon automatique, sans l'aide du processeur donc, vers les 4 circuits de conversion numérique/analogique de la première rangée de composants du haut de la carte. Ces quatre circuits de conversion sont des circuits non-linéaires simulant plus de bits à partir des huit d'origine.

A titre d'information, ces convertisseurs étaient utilisés à l'origine dans les premiers commutateurs téléphoniques centraux, à l'heure ou le transport de la phonie fût remplacé par le transport d'informations numériques, plus faciles à router dans des circuits logiques. A noter aussi que ce sont ces même types de circuits qui ont été utilisés dans nombre d'échantillonneurs de la fin des années 80, mais en version 12 bits simulant du 'pseudo' 16 bits, dans l'Emulator II ou les machines de chez Sequential Circuit, et bien d'autres...

De nouveau pimpantes ces cartes....
En démontant ces cartes, j'ai découvert une patte cassée sur un des connecteurs des nombreux câbles de liaison qui 'tapissent' la partie numérique de cet Emu. Il faudra remplacer ce connecteur. D'autre part il est évident que cet échantillonneur à subi au moins deux chocs. Un sur son flanc gauche, qui a tordu la caisse mais sans avoir causé trop de dégâts, et un autre sur la partie arrière, au niveau du radiateur. Ça qui a eu pour effet la aussi de tordre une partie de la caisse, de casser une vis de fixation du radiateur, et d'en tordre 'méchamment' une autre :


C'est le problème avec ce type de matériel lourd, encombrant et susceptible de bouger. La chute n'est jamais très loin...


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